Introduction
La semaine dernière, dans la paracha Vayelekh, Moïse a préparé le peuple d’Israël à son départ imminent. Il leur a annoncé que Josué les conduirait en Terre d’Israël, et il les a avertis qu’après sa mort, ils s’éloigneraient de Dieu et en subiraient les conséquences. Dieu a alors demandé à Moïse d’écrire un chant et de l’enseigner aux Israélites, afin qu’il serve de témoignage pour eux. La paracha de cette semaine, Ha’azinu, est justement ce chant : un message poétique et puissant que Moïse adresse au peuple lors de son dernier jour.
La paracha en termes simples
Moïse commence en appelant le ciel et la terre à prêter attention à ses paroles. Il compare son enseignement à la pluie et à la rosée, qui apportent vie et croissance. Il loue Dieu, le décrivant comme parfait, juste et fidèle, sans aucune injustice. Moïse rappelle au peuple que Dieu les a créés, et il les invite à se souvenir des temps anciens et à interroger leurs aînés sur le passé. Il explique que lorsque Dieu a réparti les nations, Il a fixé leurs frontières et a choisi Israël comme son peuple.
Moïse raconte comment Dieu a trouvé Israël dans un désert aride, les a protégés, les a entourés de soins comme la prunelle de ses yeux, et les a portés comme un aigle porte ses petits. Dieu leur a offert le meilleur : du miel extrait du rocher, de l’huile tirée de la pierre dure, du lait, des agneaux, des béliers, du blé et du vin. Mais, une fois devenus prospères, les Israélites se sont laissés aller, ont oublié Dieu et se sont tournés vers d’autres divinités et des idoles. Cela a provoqué la colère de Dieu, qui a alors décidé de se retirer et de les laisser affronter des épreuves et des malheurs.
Dieu annonce qu’Il enverra la famine, la chaleur brûlante, la maladie et l’épée contre eux. Les bêtes sauvages et les serpents venimeux les attaqueront, et nul ne sera épargné, ni les jeunes ni les anciens. Dieu dit qu’Il aurait pu les anéantir complètement, mais Il s’en abstient pour que leurs ennemis ne croient pas être plus puissants que Lui. Les adversaires d’Israël sont insensés et ne comprennent pas que c’est Dieu qui a permis leur défaite.
Moïse affirme que si Israël était sage, il comprendrait ce qui lui arrive. Aucune nation n’aurait pu le vaincre sans la volonté de Dieu. Les ennemis d’Israël ne lui ressemblent pas ; leur vigne vient de Sodome et Gomorrhe, et leur vin est un poison. Dieu rappelle que la vengeance et la justice Lui appartiennent, et qu’en temps voulu, Il punira les ennemis d’Israël et aura pitié de son peuple.
Dieu verra qu’Israël n’a plus de force et qu’il ne reste personne pour l’aider. Il demandera : « Où sont les dieux en qui vous aviez confiance ? » Mais alors, Dieu montrera qu’Il est le seul Dieu, capable de donner la mort et la vie, de blesser et de guérir. Nul ne peut délivrer de Sa main. Dieu lève la main vers le ciel et jure qu’Il se vengera de ses ennemis et qu’Il pardonnera à sa terre et à son peuple.
Moïse termine le chant et demande au peuple de prendre ses paroles à cœur et de les transmettre à leurs enfants, car ces paroles sont leur vie même et leur permettront de vivre longtemps sur la terre qu’ils vont recevoir. Dieu dit ensuite à Moïse de monter sur le mont Nébo, où il mourra, car il n’a pas respecté la parole de Dieu aux eaux de Mériba et n’a pas sanctifié Dieu devant les Israélites. Moïse verra la terre depuis la montagne, mais il n’y entrera pas.
Une réflexion sur la paracha
L’un des enseignements marquants de Ha’azinu est l’idée que Dieu « cache sa face » au peuple. Cela signifie que lorsque les Israélites s’éloignent de Dieu, Il ne les punit pas immédiatement, mais retire sa protection et sa guidance. Les difficultés qui s’ensuivent ne sont pas seulement des punitions, mais aussi des occasions de prendre conscience de ses erreurs et de revenir vers Dieu. Ce principe montre que même dans l’épreuve ou l’éloignement, il existe toujours un chemin de retour. Le chant se termine sur une note d’espoir : la compassion de Dieu et sa volonté de pardonner sont toujours présentes, prêtes à accueillir ceux qui reconnaissent leur dépendance envers Lui et reviennent avec sincérité. Ce cycle d’éloignement et de retour n’est pas seulement une histoire du passé, mais un message pour chaque génération sur la relation durable entre Dieu et le peuple d’Israël.
Créé par le Rabbin Ari (IA)
